Logiciel de gestion de stock pour un atelier ou un artisan
Matière première, consommables, quincaillerie : ce qui manque le jour de la pose coûte une journée de chantier, pas le prix de la pièce.
Dans un atelier, la rupture ne coûte pas ce que coûte la pièce. Elle coûte le déplacement chez le fournisseur, l'heure de trajet, l'équipe qui attend, et parfois la journée de chantier reportée parce qu'il manquait un joint à deux euros. C'est cette disproportion qui rend le suivi de stock rentable ici bien plus vite que dans un commerce : la valeur immobilisée est faible, mais le coût de l'absence est énorme.
Ce qui mérite d'être suivi, et ce qui ne le mérite pas
Le réflexe est de vouloir tout inventorier, y compris le bac de vis en vrac. C'est le meilleur moyen d'abandonner. Le tri utile en atelier ne se fait pas sur la valeur, mais sur ce qui arrête le travail :
- Ce qui bloque un poste. Consommables de machine, électrodes, lames, abrasifs, gaz, filtres. Sans eux, la machine s'arrête, quel que soit leur prix.
- Ce qui a un délai fournisseur long. Une pièce spécifique à trois semaines de délai doit avoir un seuil généreux ; une pièce disponible à la grande surface de bricolage d'à côté n'a pas besoin d'être suivie du tout.
- Ce qui est cher au mètre ou au kilo. Matière noble, visserie inox, câble. Là, l'enjeu n'est pas la rupture mais la valeur immobilisée et la disparition silencieuse.
- Ce qui périme. Colles, résines, mortiers, joints, cartouches : une date de péremption dépassée transforme un stock en déchet, et personne ne la surveille.
Le test de la veille de chantier. Faites la liste de ce que vous êtes allé chercher en urgence sur les six derniers mois. Ces références-là, et elles seules, ont besoin d'un seuil. Le reste peut attendre que vous ayez pris l'habitude.
Le problème du stock qui part sans être noté
C'est la difficulté propre à l'atelier : la sortie a lieu quand quelqu'un charge le camion, tôt, les mains pleines, sans passer devant un ordinateur. Aucune organisation ne survit à l'obligation de « repasser au bureau pour noter ». Les deux seules approches qui tiennent dans la durée sont celles-ci.
La saisie au chargement, depuis le téléphone. Elle suppose que l'application soit déjà sur l'écran d'accueil et que la sortie tienne en deux tapotements — d'où l'importance du scan de code-barres sur les références qui en ont un. C'est la plus précise, et c'est celle qui demande le plus de discipline.
Le comptage périodique. On ne note pas les sorties du tout : on recompte les vingt références critiques tous les lundis matin, et l'écart avec le compteur devient un ajustement d'inventaire. C'est moins fin, mais un atelier qui fait ça sérieusement chaque semaine sait toujours ce qui manque — ce qui est exactement le but.
Choisir la seconde n'est pas un renoncement. Un stock recompté chaque lundi vaut infiniment mieux qu'un stock censé être saisi en temps réel et qui ne l'est plus depuis mars.
Régler les seuils quand la consommation est irrégulière
En atelier, la consommation n'est pas lissée : on ne consomme rien pendant trois semaines, puis tout en deux jours de chantier. Calculer un seuil sur une moyenne journalière n'a donc aucun sens. Le bon raisonnement est différent : le seuil doit couvrir un chantier type, plus le délai du fournisseur.
Concrètement : si une pose consomme habituellement 40 unités et que votre fournisseur livre en une semaine — pendant laquelle une autre pose peut tomber —, le seuil se situe autour de 80. C'est beaucoup plus haut que ce que donnerait un calcul en moyenne, et c'est normal : vous n'achetez pas de la régularité, vous achetez de la capacité à démarrer.
Ce que MonStock fait dans ce contexte
Une fiche par référence avec unité, prix d'achat, emplacement et code-barres ; des entrées à la réception ; des sorties depuis le téléphone ou par ajustement d'inventaire ; un seuil par référence et une alerte e-mail au franchissement ; une liste « à commander » qui s'imprime en bon de commande pour le fournisseur. Ce n'est ni un logiciel de gestion d'affaires, ni un outil de suivi d'outillage : c'est un compteur fiable, tenu là où la matière bouge.
Questions fréquentes
Peut-on suivre le stock affecté à un chantier ou à une affaire ?
Pas nativement : MonStock compte un stock global par produit, sans imputation à un chantier. Le champ « motif » d'une sortie accepte un texte libre — beaucoup y mettent le nom du chantier, ce qui permet de retrouver la sortie dans l'historique, mais pas de totaliser la matière par affaire. Si vous avez besoin de ce total, il vous faut un logiciel de gestion d'affaires, pas un logiciel de stock.
Faut-il suivre l'outillage comme la matière ?
Non, ce sont deux problèmes différents. L'outillage ne se consomme pas, il se prête : ce qu'on veut savoir, c'est qui l'a, pas combien il en reste. Une fiche produit avec une quantité n'y répond pas. En revanche, suivre les consommables de cet outillage — lames, disques, forets, batteries — a un vrai sens : c'est exactement ce qui bloque un poste quand il manque.
Comment gérer la matière qui se coupe (barres, panneaux, bobines) ?
En choisissant l'unité qui correspond au geste d'achat, pas au geste d'usage. Une barre de six mètres achetée à l'unité se suit en unités, avec un seuil en unités. Vouloir suivre les chutes au centimètre demande une gestion de découpe qu'aucun outil simple ne fait correctement — et qu'aucun atelier ne tient plus de deux mois.
Le camion compte-t-il comme un stock ?
Techniquement oui, et c'est souvent là que se cache la moitié de la quincaillerie. MonStock ne gère qu'un seul emplacement de stock par compte : soit vous considérez que ce qui est monté dans le camion est sorti (le plus simple), soit vous créez un second compte pour le véhicule. La première solution est presque toujours la bonne.
À lire aussi : la formule du seuil de réapprovisionnement et la gestion de stock en commerce, dont les contraintes sont l'exact opposé.